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Violette Szabo


Violette SZABO,

résistante et agent secret britannique pendant la Seconde Guerre mondiale

Le 6 juin 2000 : cérémonies « Au Clos de Sussac » et au sommet du mont Gargan.

Discours de M. Pierre Matinaud, maire de Sussac.

La municipalité de Sussac et les Amis du Musée de la Résistance et la Déportation de Limoges ont voulu, pour le cinquante-cinquième anniversaire de sa mort, rendre hommage à Violette Szabo. Les chercheurs et historiens de la Résistance connaissent cette héroïne anglo-française, mais pour tous ici présents, je vais tracer d’elle une trop brève biographie.

            Elle est née Violette-Reine-Elisabeth Bushell à Paris, à l’hôpital militaire anglais, en 1921, fille d’un père anglais et d’une mère française qui s’étaient rencontrés en Picardie pendant la Première Guerre mondiale. Elle grandit à Stockwell-Londres. Elle devint une quasi « Cockney », sportive exceptionnelle, brillante et ravissante jeune femme. A l’âge de 22 ans, elle rejoint l’A.T.S. (Service Auxiliaire de Transport), puis servit dans le régiment F.A.N.Y. (First Ais Nursing Yeomanry).

            En 1940, après une merveilleuse histoire d’amour, elle épouse l’officier Etienne Szabo, des Forces Françaises Libres. Hélas ! la lune de miel n’a pas duré. Etienne Szabo combattit dans la Légion étrangère avec le grade de capitaine et fut tué lors de la bataille d’El Alamein, le 24 octobre 1942. Pour sa brillante conduite, il reçut la croix de guerre avec palme, la médaille militaire et la croix de la Légion d’honneur, et cela peu de mois après la naissance de sa fille Tania, aujourd’hui avec nous.

            Sa mère, Violette, éprouva une haine indescriptible envers les Allemands. Elle rejoignit le réseau S.O.S. (Special Operations Executive) créé par le colonel Buckmaster. Pendant son instruction, elle rencontra Jacques R.E. Poirier (nom de code « Capitaine Jack et Nestor » du circuit « Digger » (département de la Corrèze). Au S.O.E., sa première mission fut d’aller à Rouen. A sa grande stupeur, elle découvrit, affichés sur les murs de la cité, les portraits de deux autres agents du S.O.E. : Staunton et Maloubier, recherchés activement par la Gestapo. C’est d’ailleurs avec ces mêmes agents que fut créée l’équipe destinée au Limousin, et qui constitua la mission interalliée, code « Salesman » dont le territoire se situait bien plus au sud de « Ventriloquist » dirigé par Philippe de Vomecourt dont la famille réside à Saint- Léonard-de-Noblat à quelques kilomètres d’ici. Dans la nuit du 7 au 8 juin 1944, après une mission infructueuse, furent parachutés au Jour (J+2) d’un B 24 « Liberator » au Clos de Sussac où nous nous trouvons : le Major anglais Staunton, chef de mission (en réalité Philippe Liewer), nom de code « Hamlet », le lieutenant canadien Bob Mortier (en réalité Robert Maloubier), nom de code « Paco », auxquels se sont joints le lieutenant opérateur-radio américain de l’O.S.S. (Office of Strategic Services), Jean-Claude Guiet et Violette Szabo, radio et agent de liaison, nom de code « Louise ».

Après ce dangereux périple, ils furent tous hébergés dans la providentielle maison de Mme Ribiéras, au bourg de Sussac.

            Le 8 juin, l’agent S.O.E. « Anastasie », Jacques Dufour mit l’équipe en relation avec le maquis F.T.P. limousin de Georges Guingouin.

            Le 10, Violette décida avec « Anastasie », d’établir un contact avec Jacques Poirier à Pompadour (Corrèze). Lorsqu’ils arrivèrent à proximité de Salon-la-Tour, ils se heurtèrent à un barrage allemand constitué d’unités de la 2e Panzer Division « Das Reich » qui fouillaient le secteur à la recherche du major Helmut Kämpfe. En sautant de la voiture, traversant des cours de fermes, des champs et des vergers, avec sa mitraillette Sten, Violette tint en respect les Allemands, permettant ainsi à « Anastasie » de s’échapper conformément aux ordres de Staunton.

            Des témoins de cet accrochage ont confirmé à Philip Vickers avoir vu des soldats SS tomber à terre. Violette, légèrement blessée au bras, une entorse à la cheville, plus de munitions, et littéralement épuisée a été capturée. Elle est amenée au quartier général de la Gestapo à Limoges et interrogée par le SS major Kowatch qui avait présidé le jour précédent aux atrocités de Tulle.

            Staunton et Bob Maloubier préparèrent une opération en vue de la délivrer. Six jours plus tard, Bob et ses volontaires F.T.P. lourdement armés se présentèrent devant la prison de Limoges. Ils apprirent seulement qu’elle venait d’être transférée très tôt, le matin même, à Paris.

            Avenue Foch, refusant de parler durant l’interrogatoire mené par le SS Sturmbannführer Hans Joseph Kieffer (qui fut plus tard exécuté par les Anglais en tant que criminel de guerre), elle fut finalement transférée au camp de Ravensbrück, tragiquement connu de notre amie Thérèse Menot, présente en pensées, car hospitalisée récemment.

            Le courage dont elle fit preuve au cours du voyage, lorsque le train a été attaqué par des avion de combat de la R.A.F. a été raconté par ses camarades survivants, le commandant-aviateur Yeo-Thomas (nom de code « The white rabbit -  Le lapin blanc ») et Henri Peulevé.

            Violette est rejointe par deux autres femmes agents du S.O.E., Denise Bloch (une juive française, opérateur radio) et Lilian Rolfe (agent-courrier du circuit « Historian » (Loiret). Elle avait été entraînée avec elle en Angleterre.

            Le 26 janvier 1945, comme l’Armée rouge approchait de Ravensbrück, elles furent toutes les trois extraites de leurs « blocks » destinés au crématorium. Lilian souffrait d’une grave infection pulmonaire ; Denise avait été sauvagement maltraitée comme l’avait été Violette, cette dernière cependant, la seule capable de marcher.  Elles furent assassinées d’une balle dans la nuque par le Sharfürher (dans la SS, sergent de carrière) Schulte en présence de quatre officiers SS désignés. La chef de « block », témoin oculaire de l’ensemble, fut Mme Julie Barry de Guernesey.

            Violette Szabo, titulaire de la croix de guerre avec étoile, a reçu à titre posthume la « George Cross » décernée par le roi Georges VI. Elle a été remise à sa fille, Tania, en 1947.

            Il existe des mémoriaux à Violette Szabo en Angleterre à  Saint-Paul’s, Knightsbridge, dans Lambeth et Stockwell et au Musée de Wormlow, Herefordhsire. En France à Pont-Rémy (Somme), Saint-Valéry (Somme), Valençay (Indre) et à partir d’aujourd’hui au Clos-de-Sussac (Haute-Vienne).

            J’aurais beaucoup d’excuses à vous présenter, ce serait long mais j’extrais celles du capitaine Jack/Nestor Poirier qui vit à Paris et qui exprime son grand regret de n’avoir pu se rendre à nos côtés, ainsi que Cyril Watney « Eustache » du circuit « Footman » (Tarn – Tarn-et-Garonne) qui vit actuellement en Angleterre.

            Cette biographie a été possible grâce à l’aide de MM. Philip Vickers et Robert Maloubier, ici présents.

Je vous remercie.

           

C’est après le discours de M. Pierre Matinaud, maire de Sussac, que Tania Szabo, la fille de Violette, dévoila la plaque « Carrefour Violette Szabo » agrémentée de trois cocardes : anglaise (bleu-blanc-rouge), française (rouge-blanc-bleu), et l’étoile américaine (blanche sur fond bleu).

Bob Maloubier et James Edgar entouraient Tania. James Edgar avait été parachuté au même endroit que Violette Szabo, mais le mois suivant, dans la nuit du 7 au 8 juillet 1944. Il est venu avec Valérie, son épouse, spécialement d’Australie pour cette cérémonie. Il n’a jamais oublié le Limousin et l’accueil qu’il avait reçu lors de son parachutage. Il est revenu à plusieurs reprises et continue à échanger une importante correspondance avec la famille qui l’accueillit lors de son premier pèlerinage en 1985 et continue à l’héberger depuis. Des noms sonnent familièrement dans la mémoire de James comme : Ribieras, Gavinet, Valéry, Berquier, Barthelot. Des liens se sont tissés avec échanges de documents, de récits, de lettres et de photos.

M. Pierre Matinaud procéda à un second hommage, en élisant James Edgar citoyen d’honneur de la commune de Sussac.

Stèle au Clos de Sussac à la mémoire de Violette Szabo

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